Masson, Hervé dit Hervé-Masson, Peintre et homme politique de l’île Maurice 1919-1990, par Bernard Lehembre, éditions L’Harmattan, Paris, 2005.
Disponible en France (34 euros) et à Maurice (Rs 1100)

Hervé Masson est né à Rose-Hill le 17 janvier 1919 au sein d’une famille franco-mauricienne établie à l’île Maurice depuis 1753. Sa mère, Paula Mamet, caresse le rêve d’avoir parmi ses enfants un écrivain, un peintre, un musicien et un sculpteur. Ainsi encourage-t-elle très tôt son cadet Hervé à dessiner.

 

Passionné de magie, de sorcellerie, d’ésotérisme et par la suite d’hypnotisme, Hervé vient à la peinture en 1941, après sa rencontre avec Sibylle de Robillard son épouse et accueille à partir de 1945 dans son atelier un cénacle d’artistes et d’intellectuels animé par Malcolm de Chazal et Henri Dalais.

 

Excessivement doué dans le maniement des couleurs, il est tout de suite salué par la critique mauricienne comme un grand coloriste. Toutefois, son attirance pour le modernisme de l’Ecole de Paris des années 20 le porte à réinterpréter le cubisme et à produire une peinture très personnelle qui heurte le goût de ses contemporains. À cette date il est membre du parti travailliste mauricien.

 

Pour renouer avec son frère Loys il fait un séjour en France en 1949 qui se solde par une exposition place Vendôme, à Paris. Le succès de cet accrochage le détermine l’année suivante à s’expatrier. Il s’établit avec sa petite famille à Recloses en forêt de Fontainebleau. Là, il connaît une existence misérable, mais soutenu par Loys et sa belle-sœur Paula il ne se décourage pas et expose chaque année des œuvres récentes dans les galeries parisiennes. En septembre 1956 il reçoit le prix de la Ville de Moret au salon des « Trois S » de Fontainebleau.

À l’automne 1957, il occupe un atelier de la cité du Petit-Pré, à Créteil. En 1959 il entre sous contrat à la galerie Bernheim-Jeune. Désormais sa vie matérielle s’améliore sensiblement.

En novembre 1962 il vient s’installer à Paris rue des Amandiers. Dans ce nouvel atelier il prépare l’exposition Formes et métaformes de 1963 et la rétrospective de 1965. C’est à cette époque qu’il prend publiquement parti en faveur de l’indépendance de l’ïle Maurice, devient un des plus brillants collaborateurs de l’Express et entre à la Grande Loge de France.

 

Lors de la campagne électorale de 1967 le peintre fait une visite éclair à Maurice pour soutenir la coalition indépendantiste puis négocier avec les autorités du jeune Etat son retour au pays.

 

En mars 1970, il est nommé Art Adviser par le gouvernement Ramgoolam, mais il est démis de ce poste huit mois plus tard à cause de ses sympathies affichées envers le jeune parti MMM. Alors commence véritablement sa carrière politique. Elu dans les instances dirigeantes du MMM, il est nommé trésorier du parti et rédacteur en chef du quotidien Le Militant. Il occupera ces fonctions jusqu’à la fermeture du journal par le pouvoir en décembre 1971 et son incarcération en 1972 avec les autres dirigeants du MMM. En prison il pense à refondre le parti pour en faire un vrai parti marxiste-léniniste. Mais mis en minorité après sa libération il démissionne du comité central en mars 1973. Il le réintégrera en 1977, au lendemain des élections de décembre 1976. Un vote de blâme l’oblige de nouveau à démissionner de cette instance du parti et à retourner en France pour se faire soigner les yeux, se remettre à peintre et entamer une carrière d’écrivain spécialisé dans l’ésotérisme et l’histoire des religions.

 

Il meurt le 13 mai 1990 des suites d’une hémorragie cérébrale.

 

 
         
 

 

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